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Cosmopolitiques

Le projet

" Cosmopolitiques" laboratoire des pratiques de l’écologie politique". Nous pratiquons désormais des « cosmopolitiques » parce que les liens qui nous attachent à nos mondes ne sont pas à trancher mais à rediscuter, parce que la complexité est la base même de toute l’écologie, parce que l’incertitude de notre temps rend caduques ou ridicules les prétentions dogmatiques ou technocratiques. Ce "laboratoire des pratiques de l’écologie politique » se veulent une contribution régulière pour penser l’activité politique des acteurs qui font tenir ces collectifs incertains, qui cherchent à recomposer des espaces de pouvoir ouverts. L'orientation de la revue a été révisée lors de son assemblée générale de Juin 2010 pour tenir compte de l'impossibilité à devenir une revue académique classique puisque Cosmopolitiques est totalement interdisciplinaire voire antidisciplinaire compte tenu des situations et des problèmes qu'elle traite et parce que pratiquer des cosmpolitiques, cela veut dire se laisser affecter," changer avec" les êtres ,, humains ou non, dont on parle. Il devient essentiel de développer une autre forme de pensée qui s'appuie sur les expériences, sur les comptes rendus, sur les pratiques des acteurs et qui permettent de montrer que la politique se fabrique, au cas par cas, grâce à des savoirs faire qui sont des "savoir composer". La revue sera désormais centrée sur les comptes rendus de ces pratiques, sur lesquelles pourront dse greffer des commentaires de tous types, dont des analyses théoriques. Mais nous visons désormais avant tout la circulation des pratiques et des savoir composer pour équiper les acteurs d'un corps d'expérience commune.

 

Le texte ci -dessous constitue le cadre d'origine qui a présidé au lancement de la revue. Il convient de tenir compte du tournant récent pour mieux comprendre les ambitions actuelles de la revue en ligne.


La portée subversive de l’écologie et son absence du débat théorique

L’écologie a ouvert un immense chantier de remise en cause des présupposés du modernisme, tous les chercheurs le reconnaissent. Pourtant, ses élaborations théoriques restent limitées à quelques précurseurs (Illich, Jonas, Charbonneau, Gorz par exemple) et ne sont guère diffusées même au sein de la mouvance de l’écologie politique. Il n’existe pas de références cohérentes pour pallier la crise des modèles qui ont irrigué la gauche pendant un siècle. Des paradigmes largement critiqués, le marxisme notamment, restent souvent déterminants dans les références ordinaires des écologistes, qui se trouvent contraints de penser tous les problèmes (cultures, politiques, modèles économiques, solidarités, etc…) avec des grilles qui ont déjà montré leurs limites.


Une revue ouverte aux nouveaux paradigmes

C’est pourquoi une revue qui ambitionne d’équiper l’écologie politique des concepts nécessaires à une nouvelle vision du monde se devra de prendre des risques et de traiter tous ces domaines. Il faut pour cela s’inscrire dans les débats actuels des sciences humaines et sociales en s’appuyant sur les courants théoriques susceptibles d’être en phase avec un projet politique radical, réformiste et démocratique. La radicalité de l’approche écologiste se démarque des deux postures opposées les plus fréquentes, les théories de la reproduction et celles de l’individualisme méthodologique. Elle trouve un écho dans de nombreux courants qui ont entraîné des ruptures importantes : les théories des conventions, la sociologie des sciences et des techniques et de l’innovation (Callon, Latour), les approches institutionnalistes, les approches socio-subjectives de Guattari, la philosophie de Deleuze ou de Stengers.


Une revue de sciences humaines et de pratiques et non une revue de parti

Il ne s’agit en aucun cas d’avoir une revue d’un parti ou une revue d’expression d’un parti. Le champ intellectuel a ses propres règles et c’est dans ce champ que se mène le débat, sans a priori sur les réponses correctes ou non. Le souci est de revaloriser la théorie auprès des écologistes et du public pour qu’ils se dotent d’outils intellectuels adaptés à l’incertitude et à la complexité de problèmes posés par l’écologie elle-même. La revue, tout en ayant une vraie crédibilité dans le champ intellectuel et tout en tenant compte de ses propres présupposés, doit prendre appui sur des expériences, sur des récits qui montrent la politique en train de se faire autant que la production des concepts pour la penser. Elle n’a pas vocation à élaborer des programmes de gouvernement ou d’action, ni à débattre de solutions de type technique (même si ces données peuvent elles-mêmes faire l’objet d’analyses), ni à donner des avis sur l’actualité (ce ne sera pas une revue " d’opinion des intellectuels "), ni à commenter des résultats électoraux ou des stratégies de partis. Elle doit être gérée par des chercheurs en prise avec les deux milieux de référence : les communautés scientifiques (philo/sciences humaines/autres sciences) et les écologistes. Les approches de l’écologie scientifique peuvent être repris dans des travaux qui les mettent en perspective politique et sociale mais la revue ne se situe pas dans le champ de l’écologie scientifique.